Création de 47 emplois, investissements dans les équipements sportifs, nouveau cimetière, concessions funéraires, Erasmus+, culture, fourrière automobile, subventions aux associations et nouvelle identité visuelle : plusieurs dossiers importants étaient à l’ordre du jour du Conseil municipal de Saint-Laurent-du-Maroni. Retour sur les principales décisions et les débats qui ont marqué la séance.

47 emplois créés au sein des services de la Ville

Le Conseil municipal s’est également prononcé sur la création de 47 emplois afin de répondre aux besoins de plusieurs services municipaux et de renforcer l’organisation de la collectivité.

Ces créations de postes concernent différents secteurs de l’administration municipale, notamment la Direction de la commande publique, les ressources humaines, l’événementiel, la Direction de l’urbanisme et de l’aménagement, la Direction des Chantiers du Patrimoine ainsi que l’éducation.

D’autres services municipaux sont également concernés par ces créations d’emplois.

Cette décision doit permettre à la Ville de renforcer ses effectifs dans plusieurs domaines et d’accompagner le développement de ses missions et de ses services.

Près de 1,2 million d’euros pour les terrains de football

La Ville souhaite poursuivre l’amélioration des équipements sportifs de proximité avec un important programme concernant plusieurs terrains de football des quartiers et villages.

Le projet prévoit notamment la création de vestiaires, sanitaires et points d’eau, afin d’améliorer les conditions d’accueil, d’hygiène et d’utilisation des installations.

Plusieurs secteurs sont concernés, notamment Terre-Rouge, Village Pierre, Espérance, Balaté et Saint-Jean.

Le plan de financement présenté représente environ 1,2 million d’euros, avec des participations sollicitées auprès de plusieurs partenaires, dont l’Agence nationale du sport et la Collectivité territoriale de Guyane.

En parallèle, un second programme de 232 508 euros concerne l’amélioration de l’éclairage de plusieurs terrains. La Ville souhaite notamment remplacer des installations vieillissantes par des équipements LED plus performants et moins énergivores. Un financement de 180 000 euros doit être sollicité, pour un reste à charge communal annoncé de 52 508 euros.

Un nouveau cimetière communal estimé à 4,5 millions d’euros

Autre dossier majeur : la création d’un nouveau cimetière communal sur la parcelle AM94, dans le secteur de la route de Saint-Jean.

Cette opération répond à la nécessité d’augmenter rapidement les capacités funéraires de la commune.

Le futur équipement doit comprendre des espaces d’inhumation, un ossuaire, un columbarium, des espaces cinéraires, des lieux de recueillement, des plantations ainsi que les différents aménagements nécessaires à son fonctionnement.

Le coût global du projet est estimé à environ 4,5 millions d’euros TTC, dont environ 2,2 millions d’euros pour une première phase de travaux.

Le Conseil municipal a approuvé la création du cimetière et autorisé les démarches nécessaires à la recherche de financements.

Les tarifs des concessions funéraires révisés

Les élus se sont également prononcés sur l’évolution des tarifs des concessions funéraires, qui n’avaient pas été révisés depuis 2005.

Les nouveaux tarifs annoncés sont de 100 euros pour une concession de 15 ans, 200 euros pour 30 ans et 350 euros pour 50 ans.

Pour les nourrissons, le tarif annoncé est de 100 euros pour 30 ans.

Concernant le columbarium, les tarifs passent à 140 euros pour 15 ans et 280 euros pour 30 ans.

Le jardin du souvenir reste gratuit.

Saint-Laurent veut développer les opportunités Erasmus+

La municipalité souhaite également renforcer sa présence dans le programme européen Erasmus+, afin de développer des projets de mobilité, de formation et de coopération.

Pour préparer sa stratégie et ses candidatures, la Ville prévoit de faire appel à Gabriel Consulting, pour une prestation pouvant atteindre 28 000 euros HT.

Au cours des échanges, des questions ont été posées sur la transmission des compétences aux équipes municipales et sur les conséquences d’un éventuel refus d’accréditation.

La municipalité a indiqué qu’une formation des élus et des agents était prévue et que l’objectif était, à terme, de permettre à la collectivité de développer davantage de compétences en interne.

Les futurs projets Erasmus+ pourraient concerner différents publics : jeunes, scolaires, professionnels, agents, adultes ou encore seniors.

Vers la création d’une véritable fourrière automobile

La problématique des véhicules abandonnés, accidentés ou en stationnement irrégulier a également été abordée.

La Ville souhaite mettre en place un véritable service de fourrière automobile, afin de répondre aux problématiques de sécurité, d’occupation de l’espace public et de cadre de vie.

La collectivité ne disposant pas actuellement de tous les moyens techniques nécessaires pour assurer directement ce service, la piste d’une délégation de service public est étudiée.

À ce stade, aucun opérateur n’a été désigné. Le dossier devra poursuivre son parcours administratif avant une décision définitive sur son fonctionnement.

Plusieurs projets culturels soutenus

La culture occupait également une place importante dans les délibérations.

Une participation de 10 000 euros a notamment été approuvée pour un projet lié au Festival Amazonie, qui prévoit différentes actions artistiques et culturelles et souhaite notamment valoriser les artistes, les langues et les cultures autochtones.

La Ville prévoit également une participation de 15 000 euros à un projet porté autour de la photographie, des mémoires, des archives et des récits amazoniens. Des rencontres, conférences, expositions et actions de médiation doivent être organisées à Saint-Laurent-du-Maroni.

Dans le domaine musical, une participation de 10 000 euros a été retenue dans le cadre de la 20e édition d'un événement consacré à la musique guyanaise. Lors des débats, une prise en charge supplémentaire de 2 300 euros pour un transport en bus a été retirée de la participation municipale.

Miss Saint-Laurent-du-Maroni affiliée à Miss Guyane

Le Conseil a également approuvé une convention permettant d’affilier officiellement l’élection de Miss Saint-Laurent-du-Maroni à l’organisation Miss Guyane.

Cette affiliation doit notamment permettre l’utilisation de la marque officielle, la reconnaissance des résultats et l’intégration de la lauréate locale dans le parcours correspondant.

Une participation de 2 000 euros est prévue pour cette affiliation.

Subventions sportives : des échanges autour de l’ASCO

L’examen des subventions aux associations sportives a donné lieu à un débat particulièrement nourri.

Le cas de l’ASCO, pour laquelle une subvention de 73 000 euros a été évoquée, a notamment suscité des interrogations concernant les documents justificatifs ainsi que la situation d’un élu ayant précédemment exercé des responsabilités importantes au sein de l’association.

Il a été indiqué pendant le Conseil que l’élu concerné avait quitté ses fonctions au sein de l’association depuis 2023 et qu’il n’avait pas participé aux échanges ni au vote concernant cette subvention lors de son examen en commission.

Des élus ont néanmoins demandé que les documents permettant de vérifier formellement cette situation soient communiqués.

La municipalité a par ailleurs rappelé que le vote d’une subvention ne signifie pas automatiquement son versement : les associations doivent fournir les pièces et justificatifs nécessaires avant de pouvoir recevoir les fonds.

Le nouveau logo de Saint-Laurent adopté après un long débat

La nouvelle identité visuelle de Saint-Laurent-du-Maroni a constitué l’un des dossiers les plus débattus de la séance.

La municipalité souhaite disposer d’une identité correspondant davantage à l’évolution de la ville et destinée à être utilisée sur ses documents, outils numériques, événements et différents supports de communication.

Nouveau logo : Léon Bertrand raconte la naissance de l’ancienne identité de Saint-Laurent

Le changement d’identité visuelle de Saint-Laurent-du-Maroni a donné lieu à l’un des échanges les plus développés de la séance.

À cette occasion, Léon Bertrand, ancien maire de Saint-Laurent-du-Maroni, a pris la parole pour raconter l’histoire de l’ancien logo de la commune, dont il dit avoir été à l’initiative en 1993, soit il y a 33 ans.

Selon son récit, la création du logo répondait à une situation particulière. Saint-Laurent comptait alors environ 12 000 à 13 000 habitants, tandis que le territoire avait été profondément transformé par les déplacements de population liés à la guerre civile au Suriname et par le retour de nombreuses personnes à Saint-Laurent.

L’ancien maire a expliqué que son équipe souhaitait alors favoriser la cohésion sociale, le vivre-ensemble et l’émergence d’un sentiment d’appartenance commun. Le passage du blason à un logo devait permettre, selon lui, de créer un symbole dans lequel les différentes composantes de la population pourraient se reconnaître.

Le camp de la Transportation, le Maroni, l’or et la forêt

Léon Bertrand a ensuite détaillé la signification des différents éléments graphiques.

La forme représentant la porte d’entrée du camp de la Transportation devait rappeler l’histoire pénitentiaire de Saint-Laurent-du-Maroni.

Les éléments bleus représentent des pirogues, mais également, par leur couleur, l’eau et le fleuve Maroni, afin de rappeler l’importance du fleuve et des différentes communautés qui y sont liées.

Le jaune faisait référence à l’exploitation aurifère, tandis que le vert symbolisait l’économie forestière.

Au cours de cette explication, le maire actuel, Lénaïck Adam, est intervenu à plusieurs reprises pour demander des précisions sur la représentation de certains éléments de l’ancien logo, notamment la porte du camp de la Transportation.

Une identité créée après deux mois de concertation, selon Léon Bertrand

L’ancien maire a également insisté sur la méthode utilisée à l’époque.

Selon lui, le logo n’avait pas été décidé immédiatement par la municipalité. Une commission avait été mise en place et un professionnel avait travaillé pendant environ deux mois, en parcourant la ville et en recueillant différents avis avant la finalisation de l’identité.

L’objectif était, selon Léon Bertrand, d’obtenir une adhésion autour d’un symbole commun afin que les habitants puissent se sentir pleinement Saint-Laurentais et appartenir à l’Ouest guyanais.

Il est également revenu sur la signature « Sève de Guyane », qu’il a présentée comme l’expression d’une ambition : celle de faire de Saint-Laurent et de l’Ouest guyanais un territoire capable de rayonner à l’échelle de toute la Guyane.

Pour Léon Bertrand, cette histoire justifie qu’une identité municipale fasse l’objet d’une réflexion collective. Il a ainsi défendu l’idée qu’un logo ne devait pas être conçu « en catimini », considérant qu’il constitue un symbole dans lequel les habitants doivent pouvoir se reconnaître.

Lénaïck Adam défend le choix de la nouvelle identité

En réponse, le maire actuel Lénaïck Adam a salué ce rappel historique, qu’il a qualifié de précis, avant de défendre la démarche de son équipe.

Il a rappelé que la majorité municipale disposait d’un mandat issu du suffrage universel et qu’elle avait engagé plusieurs chantiers à la suite du vote du budget, notamment dans le cadre de ses premiers mois d’action.

Selon le maire, la nouvelle identité résulte de propositions formulées par des professionnels et les équipes de communication de la Ville, parmi lesquelles la municipalité a effectué son choix.

Lénaïck Adam a reconnu que le changement d’une identité installée depuis plusieurs décennies pouvait être perturbant. Il estime néanmoins qu’avec le temps, les habitants pourront s’approprier progressivement le nouveau logo et s’y habituer.

Une nouvelle identité adoptée après le débat

Le montant global annoncé pour la conception de la nouvelle identité est de 18 880 euros.

D’autres élus ont également pris part au débat, notamment sur l’absence de consultation de la population et des élus minoritaires, les pièces justificatives du dossier, le coût de la prestation et les dépenses futures liées au déploiement du nouveau logo.

Des interrogations ont par ailleurs été soulevées sur certains montants figurant dans les documents présentés. L’administration a indiqué que certaines pièces ou annexes devaient être complétées ou corrigées.

La municipalité a précisé que le déploiement de la nouvelle identité se ferait progressivement.

Elle a également rappelé que le blason historique de Saint-Laurent-du-Maroni n’est ni supprimé ni modifié : le nouveau logo doit servir d’identité de communication, tandis que le blason conserve sa fonction historique et patrimoniale.

À l’issue des échanges, la nouvelle identité visuelle a été adoptée par le Conseil municipal, avec plusieurs votes contre.

Une séance marquée par les investissements et le renforcement des services

Ce Conseil municipal aura ainsi été marqué par la création de 47 emplois municipaux, plusieurs investissements structurants, particulièrement dans les domaines du sport et des équipements funéraires, mais aussi par des décisions concernant la culture, les associations, la mobilité européenne et les services municipaux.

Les discussions autour des subventions associatives et de la nouvelle identité visuelle de Saint-Laurent-du-Maroni auront également occupé une place importante dans les échanges.

Plusieurs projets adoptés doivent désormais entrer dans une nouvelle phase : recherche de financements, procédures administratives, contractualisation ou lancement progressif des opérations.