Le rapporteur public du tribunal administratif de Cayenne a demandé des sanctions d’inéligibilité contre plusieurs personnalités politiques de Saint-Laurent-du-Maroni. Le scrutin municipal ne devrait toutefois pas être annulé, selon ses conclusions. La décision définitive appartient désormais aux juges.

L’audience consacrée aux recours déposés après les élections municipales de 2026 s’est tenue jeudi 17 septembre devant le tribunal administratif de Cayenne.

D’après les informations rapportées par France-Guyane, le rapporteur public Christian Bauzerand s’est déclaré défavorable à l’annulation des élections municipales de Saint-Laurent-du-Maroni, mais aussi de Maripasoula, Matoury, Kourou et Mana.

Ses conclusions ne constituent cependant pas encore un jugement. La présidente du tribunal administratif doit rendre sa décision dans un délai annoncé de trois semaines.

Trois élus d’opposition concernés par 93 attestations

À Saint-Laurent-du-Maroni, Mickle Papayo, Claude Gaby et Ruben Atanso sont menacés d’inéligibilité dans une affaire portant sur 93 attestations de logement considérées comme irrégulières par le rapporteur public.

Ces documents auraient servi à inscrire des personnes sur les listes électorales de la commune. Ruben Atanso aurait produit 48 de ces attestations. Une inéligibilité de douze mois a été demandée à son encontre.

Selon les éléments présentés pendant l’audience, seulement 54 personnes ayant bénéficié de ces attestations auraient effectivement participé au scrutin.

Le rapporteur public a estimé que ce nombre n’était pas suffisant pour remettre en cause la sincérité générale de l’élection. La liste arrivée en tête, conduite par Lénaïck Adam, disposait en effet d’une avance supérieure à 1 000 voix sur ses concurrentes.

Les nombreuses procurations également évoquées

La question des électeurs appartenant à la diaspora saint-laurentaise et celle du nombre important de procurations ont aussi été soulevées devant le tribunal.

Toutefois, aucun élément présenté pendant l’audience ne permettrait d’établir que ces procurations ont directement avantagé la liste du maire élu. Le rapporteur public n’a donc pas demandé l’annulation du scrutin sur ce fondement.

Léon Bertrand et Wender Karam également concernés

L’ancien maire Léon Bertrand est lui aussi menacé d’inéligibilité après le rejet de son compte de campagne.

Une facture d’un montant de 18 000 euros, considérée comme insuffisamment justifiée par la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques, ainsi que d’autres omissions, seraient à l’origine de ce rejet.

De son côté, Wender Karam risque une inéligibilité de six mois. Son épouse, qui exerçait la fonction de mandataire financière, figurait également sur sa liste électorale, une situation contraire aux règles applicables.

Wender Karam a invoqué sa bonne foi, expliquant avoir inscrit son épouse dans l’urgence après le désistement de deux candidates.

La décision appartient maintenant aux juges

À ce stade, aucune inéligibilité n’est définitive. Le rapporteur public présente une analyse juridique et propose une solution au tribunal, mais les juges restent libres de suivre ou non ses conclusions.

La décision du tribunal administratif de Cayenne est attendue dans un délai de trois semaines. Elle déterminera si les demandes d’inéligibilité sont retenues et précisera leurs conséquences éventuelles sur les mandats des personnes concernées.

Source : France-Guyane — article publié le 17 septembre 2026.

A FOLUKU TV suivra la décision du tribunal administratif et communiquera les résultats définitifs dès leur publication.